merci Rébecca d'avoir fait ressurgir ce que j'avais enfoui... merci de m'avoir remis ça en tête... comme quoi, on n'échappe pas à son passé, il nous rattrape toujours...
les souvenirs, on ne peut pas les effacer, on ne peut que les enterrer, les maquiller
#made-up memories# ...
les idées noires me reviennent à l'esprit...
ce que je vais vous confier, c'est la vérité, MA vérité. Ici, pas de slams ni d'embellissement par la rime, ce sont des épisodes de ma vie que je vais et que je veux essayer de vous rapporter, tels que je les ai vécus et tels que je les vis encore.
C'est Pierre-Benoît qui vous parle, PB quoi, votre pote, votre ami pour certains, LE pb aussi, le ProBlème...
deux grandes douleurs m'ont habité et m'habitent encore...
désolé pour ceux qui vont voir un mythe s'écrouler sous leurs yeux, mais j'ai besoin de me confier, je n'en peux plus de garder ça pour moi, c'est un véritable fardeau. certains sont partiellement au courant, d'autres ignorent totalement ce qui me pèse... eh bien, je vais me charger de me confesser à vous, à plus de monde donc...
premier épisode :
j'avais 13 ans, elle 10.
je la vois rarement, même pas une fois par an. elle est en Métropole. cette année-là, les retrouvailles avaient été toujours aussi touchantes. on s'adore... oh ça oui! on a quand même grandi un peu ensemble, on a passé des vacances ensemble, on a voyagé ensemble...
j'avais 13 ans, elle 10.
c'était une nuit d'été. (était-ce un songe?) j'étais chez elle. je ne passais qu'une seule nuit chez elle! c'est toujours pareil : on vit des moments intenses, et ils ne durent pas (assez)... une nuit, et le lendemain matin, et après je ne la reverrais plus avant longtemps!!! (je ne l'ai toujours pas revue)
j'avais 13 ans, elle 10.
je me suis introduit dans sa chambre... elle était là, étendue, endormie. toujours avec son air si attendrissant, parce que oui, elle est trop mignonne. c'était l'été, il faisait chaud; elle est jeune, alors elle ne dort qu'en t-shirt et en petite culotte. sans la réveiller, je l'ai caressée, lui ai fait des bisous, à différents endroits, sans la réveiller, je me suis allongé sur elle...
j'avais 13 ans, elle 10.
au bout de quelques instants, elle se réveille, j'étais debout. «Etait-ce un songe?» c'est peut-être ce qu'elle a pensé, parce qu'elle n'a rien senti. elle ne savait si ce qu'elle venait de vivre relevait du rêve ou de la sensation réelle... alors, elle me demande pourquoi je suis dans sa chambre. je lui réponds que je voulais lui dire bonne nuit, ou bien, si elle dormait, que je voulais la voir dormir.
j'avais 13 ans, elle 10.
le songe se poursuit. comme de bons amis, on se met à parler, à discuter dans l'obscurité. de ses amis, de sa famille, de ses voyages, de ce qu'elle aime...
j'avais 13 ans, elle 10.
des moments simples et beaux. une complicité. on approche de minuit. tout le monde dort dans la maison. je lui demande si elle veut dormir avec moi. elle dit oui, et me suit dans le couloir obscur...
j'avais 13 ans, elle 10.
on reparle un peu. puis, il se fait tard quand même! extinction des feux. c'est alors que je remet ça. à peine la lumière éteinte, je m'allonge une nouvelle fois sur elle. elle ne se débat pas, mais me demande tout simplement, calmement, ce que je suis en train de faire.
«tu veux pas essayer de faire comme les grands? faire semblant, pour voir ce que ça fait...»
elle était toujours vêtue d'un t-shirt et d'une petite culotte de petite fille. j'étais toujours en bas de pyjama court, sans haut. il fait chaud. nos corps se touchent, se frottent. on parle, tranquillement, toujours en mouvement. il y a un échange. #je te donne, tu me donnes, ensemble on s'adonne# elle ne lutte absolument pas, elle laisse faire. elle me laisse faire. se demande ce qui lui arrive, car c'est nouveau, pour elle comme pour moi, mais elle a confiance, confiance en moi. ça ne fait pas mal, c'est étrange, c'est doux, ça touche des endroits sensibles. «attends, tu vas voir!» je lui répète ça plusieurs fois, je veux lui montrer ce que ça fait quand on fait comme les grands, je veux lui donner tout ce que j'ai, j'aimerais le faire, lui donner ce qu'il y a en moi, lui donner mon corps, lui donner mon âme!
mais il n'y a eu aucune pénétration. aucune. on est restés à moitié nus, à se parler, à partager, les silences aussi, dans l'effort commun. elle est forte n'empêche, je reste sur elle et elle ne se plaint pas. je suis bien plus grand et plus lourd qu'elle, mais elle doit avoir cette force qu'ont toutes les filles et les femmes qui doivent se retrouver au-dessous du garçon ou de l'homme lors de l'acte, je pense alors. je transpire. elle le remarque. me dit que je peux m'arrêter si je suis fatigué. «attends, tu vas voir...» je continue, et elle me guide. «un peu plus bas, plus au milieu...»
puis, je m'arrête. fatigué effectivement. elle veut allumer la lampe de chevet. elle dit qu'elle est plus à l'aise avec un peu de lumière. alors on se caresse. chacun son tour. les parties intimes. mais jamais directement, le vêtement est toujours là entre les deux peaux. c'est doux, c'est chaud, c'est bon. des sensations très agréables. chacun son tour. J'arrête, mais elle reprend ma main, la place un peu mieux que précédemment et m'invite à à nouveau la caresser. je suis touché : ça veut dire qu'il n'y a pas que moi qui veuille la toucher et profiter des différentes parties de son corps.
puis je me mets sur le dos, elle enlève son t-shirt. à son tour elle s'allonge sur moi. sa poitrine pas encore développée se colle à la mienne. elle écarte une nouvelle fois les jambes pour laisser la place aux miennes. on se câline. et là vient l'une de mes meilleures sensations jamais ressenties : à demi-nu, la nuit, tout est calme, allongé sur un lit, sur le dos, un ange au-dessus de moi, le contact avec sa peau, sa chaleur, mes mains posées sur ses fesses, directement (elle a toujours sa culotte mais je peux quand même glisser directement mes mains sur ses fesses). alors je lui dis : «si seulement on pouvait rester pour toujours dans cette position!» elle acquiesce...
puis, vers 4 ou 5 heures, c'est fini. tout a une fin. surtout les moments intenses. il y a eu échange, de paroles et d'actes. c'était mignon, c'était beau! c'était l'été. était-ce un songe? elle est repartie dans sa chambre... et est revenue tôt le matin au réveil... c'était fini.
j'avais 13 ans, elle 10.
c'était ma cousine. Claire-Agnès.
en la quittant cet été-là, je lui ai demandée de garder ce secret. NOTRE secret. et je vous le révèle à présent...
ces moments passés avec elle étaient magiques. toutefois, les jours, les semaines, les mois, les années qui ont suivi, ont été les plus durs de ma vie. j'y repensais très souvent, alors que j'étais à nouveau éloigné d'elle. je repensais à ce que j'avais fait, à ce que j'avais osé faire à ma cousine. elle avait 10 ans, moi 13, je me sentais comme un pédophile. je la trouvais quand même très au courant par rapport au sexe pour son âge. c'est peut-être ça aussi qui ne m'a pas freiné. mais moi, j'étais Pierre-Benoît, le très bon élève, l'élève prétendu mature, réfléchi, exemplaire. et voilà que je m'étais rabaissé à l'assouvissement d'une pulsion sexuelle qui m'occupait l'esprit depuis plusieurs années déjà je dois l'avouer... j'en ai souffert par la suite, terriblement. cela a alimenté mes idées noires, ma vision pessimiste du monde et de l'être humain. ce traumatisme m'a poussé à cacher cette partie animale en moi, que je voulais repousser, mais contre laquelle la lutte devait être perdue tôt ou tard à nouveau (vous le verrez dans le second épisode). c'est à cause de cette expérience que j'ai qualifié la plupart de mes poèmes (c'est-à-dire mon oeuvre dans l'ensemble) de «torture d'esprit»...
pendant des mois, elle et moi on n'a pas eu de contact. à un moment, on s'envoyait des lettres. fidèle à moi-même j'ai été sincère et je lui disais que je voulais la protéger, que j'avais beaucoup d'affection pour elle et que je ne voulais pas être coupable d'avoir allumé des feux amoureux chez elle. parce que oui, elle a beau être une petite fille et ne pas avoir une idée bien forgée de ce qu'est l'amour, elle a ressenti des sentiments similaires... j'ai souffert doublement. je regrettais par dessus tout l'avoir embrassée, une seule fois, lors de notre songe (je n'avais d'ailleurs pas bien apprécié sur le moment non plus). C'était bête, mais ce que je regrettais le plus, c'était ça.
puis, plus de lettres...
(Laurie, si tu as la force de lire ces lignes, j'espère que tu effleures ma souffrance. J'espère que tu comprends pourquoi j'ai triplement souffert lorsque, pendant des mois, on ne se parlait plus toi et moi. lorsque, pendant des mois, on était obligés de s'éviter pour ne pas trop souffrir. lorsque, pendant des mois, on n'était pas assurés de se faire tout simplement la bise le matin. J'espère...)
enfin, cette année. on a repris contact. j'ai eu son numéro de téléphone portable. toujours aussi émouvantes nos retrouvailles, toujours aussi touchants nos mots et pensées partagés, notre complicité, notre confiance commune. elle a 13 ans, j'en ai 16.
textos :
_«Oui, c'était + qu'une relation familiale comme tu dis. Et j'en souffre encore! Crois-moi, ça me hante toujours, à certains moments ça me torture même... Je repense souvent à ce qui s'est passé... C'était beau, c'était magnifique, j'ai même adoré ce moment qu'on a passé ensemble... Mais je n'aurais pas dû. J'espère qu'un jour tu me pardonneras... Claire-Agnès, je tiens tellement à toi...
_T'as pas besoin de t'excuser. J'avais 10 ans à l'époque et je comprenais mais aujourd'hui je donnerais cher pour que tu reviennes me le faire. Je crois que c'est d'avoir 13 ans qui vous donne envie de faire semblant. Je ne regrette pas j'ai même envie de le refaire!»
plus tard, elle voulait comprendre plus précisément pourquoi toute cette histoire me hantait :
_«En fait j'avais peur qu'avec le temps tu m'en veuilles, j'avais peur que tu penses que j'avais profité de toi et de ton jeune âge, je craignais que tu me croies obsédé sexuel... Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait parce qu'on est de la même famille et qu'en + j'ai fait naître des sentiments amoureux chez toi. Comme j'veux pas te faire de mal, j'voulais pas que tu soies amoureuse car on est trop loin : c'est trop difficile pour toi. Tout ça fait que j'ai douté et que j'ai beaucoup regretté...
Je savais que tu avais vraiment apprécié ce qu'on a fait, mais je me disais que tu m'en voudrais plus tard... En tout cas tu peux pas savoir le bien fou que tu m'as fait quand tu m'as dit que tu aimerais le refaire! Ça me libère, je vais vraiment vivre ma vie + sereinement... Je suis heureux d'avoir partagé avec toi cette première expérience sexuelle...»
2 mois plus tard :
_«Je repense à ce que tu as écrit et c'est vrai que pour moi tu es aussi comme un frère : tes paroles me réchauffent et ça va mieux. C'est dommage que le sort nous est éloignés. Je crois que si on n'était pas cousins je serais très amoureuse! Aux récrés quand je vois les autres ensemble je pense à toi et je me sens moins triste.
_J'ai une question très indiscrète. Si je te la pose c'est parce que je veux savoir jusqu'où ça peut aller et aussi parce que je pense que tu es assez grande pour comprendre... Est-ce que des fois tu te masturbes en pensant à moi?
_Je ne sais pas si ce SMS va te choquer mais oui! Et surtout cet été (j'ai découvert l'orgasme). Je crois que c'est les 13 ans qui vous donne envie... et toi?»
Immense soulagement. Ému, je lui ai alors répondue que oui, depuis des années.
Nous avons mieux qu'un acte sexuel échangé, nous avons le désir partagé d'un acte sexuel...
Voilà comment ce qui me pesait lourdement a pu finalement me libérer...
Cependant, le second épisode se termine moins bien. Le voici :
c'était en classe de seconde.
une classe avec un bon potentiel d'amitiés et d'entente, mais trop de «clans».
j'étais dans une sorte de compétition avec une fille pour être premier de la classe.
c'était en classe de seconde.
je me méfiais d'elle. à dire vrai, je la méprisais. je la trouvais trop expressive et faisant l'intéressante, même si la plupart du temps elle était discrète. «caractère de cochon» on lui disait.
c'était en classe de seconde.
on ne s'est jamais vraiment adressé la parole.
c'était en classe de seconde.
j'ai pris mes désirs bestiaux pour des réalités.
c'était en classe de seconde.
luttant contre mon instinct d'animal chasseur, je cédai pourtant. me procurant son numéro, je lui envoyai un texto en lui demandant explicitement si elle était «partante pour une sodomie»... je ne lui trouvais rien de spécial physiquement en fin de compte. y'avait juste son petit cul sur lequel je bloquais. putain c'est vrai! j'avais envie de la niquer, de la prendre par derrière, de la défoncer, de me venger de ses airs supérieurs, de la punir! (veuillez me pardonner pour ce passage ignoble et répugnant de l'expression de mes pulsions mâle-adives passées...)
pourtant, elle ne m'avait rien fait. vraiment rien. il me semblait voir une certaine arrogance. mais c'était juste une impression. je n'avais pas le droit de la juger comme ça. sans la connaître. elle a la joie de vivre, elle a ses propres préceptes, ses propres délires, voilà tout!
plus tard, par écrit, sur une feuille double je m'en souviens, je lui ai renouvelée mes intentions, j'y ai posé clairement et calmement mes mots, (presque respectueusement, mais bon, les limites du respect avaient été franchies bien avant), je lui ai exposée à nouveau mes motivations. toujours sans qu'on s'adresse la parole, elle m'a répondu par une petite lettre dans laquelle elle défendait tout à fait légitimement, honnêtement et respectueusement cette fois-ci ses propres raisons et opinions. elle disait que je l'avais choquée profondément, que je lui avait fait peur, que je la dégoûtais et même que ça la chagrinait. elle ajouta bien évidemment qu'elle ne me verrait dorénavant plus de la même manière. ce fut un échange courtois. on en est restés là...
c'était en classe de seconde.
elle s'appelle Adèle.
soyez-en sûrs, j'ai beaucoup souffert de cette histoire aussi, j'en souffre encore d'ailleurs puisque rien n'a été arrangé, résolu, pardonné ou accepté. ce qui est normal tout de même. elle, elle est toujours dans le lycée. nos regards ne se croisent jamais, ce qui est normal également.
les plaies s'ouvrent à nouveau...
encore désolé pour celles et ceux qui me pensaient loin de ces bassesses, mais voyez-vous, je suis moi aussi malheureusement capable des pires vilenies, ou du moins, j'en ai été capable. je tente toutefois de continuer à avancer, de ne pas trop laisser mes souvenirs me hanter. et c'est sur ces actes regrettables voire condamnables que je me suis basé pour essayer de me reconstruire. #qu'est-ce qu'oublier sinon mourir?# le remords m'a accablé, m'a tué plus d'une fois. c'est à partir de ces mauvaises actions et pensées malsaines que j'espère, néanmoins, obtenir le repentir. c'est pour cela que depuis ces évènements, je règle ma conduite pour tenter de ne plus faire de mal par quelque manière que ce soit à mon entourage, à celles et ceux qui comptent pour moi. on voit bien que parfois j'éclaire, mais c'est parce que moi-même je suis éclairé par une lumière noire, au coeur d'un décor sombre. c'est pour cela que vous me voyez m'efforcer d'être bon, généreux, altruiste, attentionné, sincère, confident, digne de confiance etc... je veux racheter mes fautes. j'ai déjà connu le crime et la peine, je ne souhaite pas de châtiment. c'est pour cela que le repentir, j'espère le trouver grâce à vous, par votre intermédiaire. accordez-le moi, je vous en prie!
les souvenirs, on ne peut pas les effacer, on ne peut que les enterrer, les maquiller
#made-up memories# ...
les idées noires me reviennent à l'esprit...
ce que je vais vous confier, c'est la vérité, MA vérité. Ici, pas de slams ni d'embellissement par la rime, ce sont des épisodes de ma vie que je vais et que je veux essayer de vous rapporter, tels que je les ai vécus et tels que je les vis encore.
C'est Pierre-Benoît qui vous parle, PB quoi, votre pote, votre ami pour certains, LE pb aussi, le ProBlème...
deux grandes douleurs m'ont habité et m'habitent encore...
désolé pour ceux qui vont voir un mythe s'écrouler sous leurs yeux, mais j'ai besoin de me confier, je n'en peux plus de garder ça pour moi, c'est un véritable fardeau. certains sont partiellement au courant, d'autres ignorent totalement ce qui me pèse... eh bien, je vais me charger de me confesser à vous, à plus de monde donc...
premier épisode :
j'avais 13 ans, elle 10.
je la vois rarement, même pas une fois par an. elle est en Métropole. cette année-là, les retrouvailles avaient été toujours aussi touchantes. on s'adore... oh ça oui! on a quand même grandi un peu ensemble, on a passé des vacances ensemble, on a voyagé ensemble...
j'avais 13 ans, elle 10.
c'était une nuit d'été. (était-ce un songe?) j'étais chez elle. je ne passais qu'une seule nuit chez elle! c'est toujours pareil : on vit des moments intenses, et ils ne durent pas (assez)... une nuit, et le lendemain matin, et après je ne la reverrais plus avant longtemps!!! (je ne l'ai toujours pas revue)
j'avais 13 ans, elle 10.
je me suis introduit dans sa chambre... elle était là, étendue, endormie. toujours avec son air si attendrissant, parce que oui, elle est trop mignonne. c'était l'été, il faisait chaud; elle est jeune, alors elle ne dort qu'en t-shirt et en petite culotte. sans la réveiller, je l'ai caressée, lui ai fait des bisous, à différents endroits, sans la réveiller, je me suis allongé sur elle...
j'avais 13 ans, elle 10.
au bout de quelques instants, elle se réveille, j'étais debout. «Etait-ce un songe?» c'est peut-être ce qu'elle a pensé, parce qu'elle n'a rien senti. elle ne savait si ce qu'elle venait de vivre relevait du rêve ou de la sensation réelle... alors, elle me demande pourquoi je suis dans sa chambre. je lui réponds que je voulais lui dire bonne nuit, ou bien, si elle dormait, que je voulais la voir dormir.
j'avais 13 ans, elle 10.
le songe se poursuit. comme de bons amis, on se met à parler, à discuter dans l'obscurité. de ses amis, de sa famille, de ses voyages, de ce qu'elle aime...
j'avais 13 ans, elle 10.
des moments simples et beaux. une complicité. on approche de minuit. tout le monde dort dans la maison. je lui demande si elle veut dormir avec moi. elle dit oui, et me suit dans le couloir obscur...
j'avais 13 ans, elle 10.
on reparle un peu. puis, il se fait tard quand même! extinction des feux. c'est alors que je remet ça. à peine la lumière éteinte, je m'allonge une nouvelle fois sur elle. elle ne se débat pas, mais me demande tout simplement, calmement, ce que je suis en train de faire.
«tu veux pas essayer de faire comme les grands? faire semblant, pour voir ce que ça fait...»
elle était toujours vêtue d'un t-shirt et d'une petite culotte de petite fille. j'étais toujours en bas de pyjama court, sans haut. il fait chaud. nos corps se touchent, se frottent. on parle, tranquillement, toujours en mouvement. il y a un échange. #je te donne, tu me donnes, ensemble on s'adonne# elle ne lutte absolument pas, elle laisse faire. elle me laisse faire. se demande ce qui lui arrive, car c'est nouveau, pour elle comme pour moi, mais elle a confiance, confiance en moi. ça ne fait pas mal, c'est étrange, c'est doux, ça touche des endroits sensibles. «attends, tu vas voir!» je lui répète ça plusieurs fois, je veux lui montrer ce que ça fait quand on fait comme les grands, je veux lui donner tout ce que j'ai, j'aimerais le faire, lui donner ce qu'il y a en moi, lui donner mon corps, lui donner mon âme!
mais il n'y a eu aucune pénétration. aucune. on est restés à moitié nus, à se parler, à partager, les silences aussi, dans l'effort commun. elle est forte n'empêche, je reste sur elle et elle ne se plaint pas. je suis bien plus grand et plus lourd qu'elle, mais elle doit avoir cette force qu'ont toutes les filles et les femmes qui doivent se retrouver au-dessous du garçon ou de l'homme lors de l'acte, je pense alors. je transpire. elle le remarque. me dit que je peux m'arrêter si je suis fatigué. «attends, tu vas voir...» je continue, et elle me guide. «un peu plus bas, plus au milieu...»
puis, je m'arrête. fatigué effectivement. elle veut allumer la lampe de chevet. elle dit qu'elle est plus à l'aise avec un peu de lumière. alors on se caresse. chacun son tour. les parties intimes. mais jamais directement, le vêtement est toujours là entre les deux peaux. c'est doux, c'est chaud, c'est bon. des sensations très agréables. chacun son tour. J'arrête, mais elle reprend ma main, la place un peu mieux que précédemment et m'invite à à nouveau la caresser. je suis touché : ça veut dire qu'il n'y a pas que moi qui veuille la toucher et profiter des différentes parties de son corps.
puis je me mets sur le dos, elle enlève son t-shirt. à son tour elle s'allonge sur moi. sa poitrine pas encore développée se colle à la mienne. elle écarte une nouvelle fois les jambes pour laisser la place aux miennes. on se câline. et là vient l'une de mes meilleures sensations jamais ressenties : à demi-nu, la nuit, tout est calme, allongé sur un lit, sur le dos, un ange au-dessus de moi, le contact avec sa peau, sa chaleur, mes mains posées sur ses fesses, directement (elle a toujours sa culotte mais je peux quand même glisser directement mes mains sur ses fesses). alors je lui dis : «si seulement on pouvait rester pour toujours dans cette position!» elle acquiesce...
puis, vers 4 ou 5 heures, c'est fini. tout a une fin. surtout les moments intenses. il y a eu échange, de paroles et d'actes. c'était mignon, c'était beau! c'était l'été. était-ce un songe? elle est repartie dans sa chambre... et est revenue tôt le matin au réveil... c'était fini.
j'avais 13 ans, elle 10.
c'était ma cousine. Claire-Agnès.
en la quittant cet été-là, je lui ai demandée de garder ce secret. NOTRE secret. et je vous le révèle à présent...
ces moments passés avec elle étaient magiques. toutefois, les jours, les semaines, les mois, les années qui ont suivi, ont été les plus durs de ma vie. j'y repensais très souvent, alors que j'étais à nouveau éloigné d'elle. je repensais à ce que j'avais fait, à ce que j'avais osé faire à ma cousine. elle avait 10 ans, moi 13, je me sentais comme un pédophile. je la trouvais quand même très au courant par rapport au sexe pour son âge. c'est peut-être ça aussi qui ne m'a pas freiné. mais moi, j'étais Pierre-Benoît, le très bon élève, l'élève prétendu mature, réfléchi, exemplaire. et voilà que je m'étais rabaissé à l'assouvissement d'une pulsion sexuelle qui m'occupait l'esprit depuis plusieurs années déjà je dois l'avouer... j'en ai souffert par la suite, terriblement. cela a alimenté mes idées noires, ma vision pessimiste du monde et de l'être humain. ce traumatisme m'a poussé à cacher cette partie animale en moi, que je voulais repousser, mais contre laquelle la lutte devait être perdue tôt ou tard à nouveau (vous le verrez dans le second épisode). c'est à cause de cette expérience que j'ai qualifié la plupart de mes poèmes (c'est-à-dire mon oeuvre dans l'ensemble) de «torture d'esprit»...
pendant des mois, elle et moi on n'a pas eu de contact. à un moment, on s'envoyait des lettres. fidèle à moi-même j'ai été sincère et je lui disais que je voulais la protéger, que j'avais beaucoup d'affection pour elle et que je ne voulais pas être coupable d'avoir allumé des feux amoureux chez elle. parce que oui, elle a beau être une petite fille et ne pas avoir une idée bien forgée de ce qu'est l'amour, elle a ressenti des sentiments similaires... j'ai souffert doublement. je regrettais par dessus tout l'avoir embrassée, une seule fois, lors de notre songe (je n'avais d'ailleurs pas bien apprécié sur le moment non plus). C'était bête, mais ce que je regrettais le plus, c'était ça.
puis, plus de lettres...
(Laurie, si tu as la force de lire ces lignes, j'espère que tu effleures ma souffrance. J'espère que tu comprends pourquoi j'ai triplement souffert lorsque, pendant des mois, on ne se parlait plus toi et moi. lorsque, pendant des mois, on était obligés de s'éviter pour ne pas trop souffrir. lorsque, pendant des mois, on n'était pas assurés de se faire tout simplement la bise le matin. J'espère...)
enfin, cette année. on a repris contact. j'ai eu son numéro de téléphone portable. toujours aussi émouvantes nos retrouvailles, toujours aussi touchants nos mots et pensées partagés, notre complicité, notre confiance commune. elle a 13 ans, j'en ai 16.
textos :
_«Oui, c'était + qu'une relation familiale comme tu dis. Et j'en souffre encore! Crois-moi, ça me hante toujours, à certains moments ça me torture même... Je repense souvent à ce qui s'est passé... C'était beau, c'était magnifique, j'ai même adoré ce moment qu'on a passé ensemble... Mais je n'aurais pas dû. J'espère qu'un jour tu me pardonneras... Claire-Agnès, je tiens tellement à toi...
_T'as pas besoin de t'excuser. J'avais 10 ans à l'époque et je comprenais mais aujourd'hui je donnerais cher pour que tu reviennes me le faire. Je crois que c'est d'avoir 13 ans qui vous donne envie de faire semblant. Je ne regrette pas j'ai même envie de le refaire!»
plus tard, elle voulait comprendre plus précisément pourquoi toute cette histoire me hantait :
_«En fait j'avais peur qu'avec le temps tu m'en veuilles, j'avais peur que tu penses que j'avais profité de toi et de ton jeune âge, je craignais que tu me croies obsédé sexuel... Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait parce qu'on est de la même famille et qu'en + j'ai fait naître des sentiments amoureux chez toi. Comme j'veux pas te faire de mal, j'voulais pas que tu soies amoureuse car on est trop loin : c'est trop difficile pour toi. Tout ça fait que j'ai douté et que j'ai beaucoup regretté...
Je savais que tu avais vraiment apprécié ce qu'on a fait, mais je me disais que tu m'en voudrais plus tard... En tout cas tu peux pas savoir le bien fou que tu m'as fait quand tu m'as dit que tu aimerais le refaire! Ça me libère, je vais vraiment vivre ma vie + sereinement... Je suis heureux d'avoir partagé avec toi cette première expérience sexuelle...»
2 mois plus tard :
_«Je repense à ce que tu as écrit et c'est vrai que pour moi tu es aussi comme un frère : tes paroles me réchauffent et ça va mieux. C'est dommage que le sort nous est éloignés. Je crois que si on n'était pas cousins je serais très amoureuse! Aux récrés quand je vois les autres ensemble je pense à toi et je me sens moins triste.
_J'ai une question très indiscrète. Si je te la pose c'est parce que je veux savoir jusqu'où ça peut aller et aussi parce que je pense que tu es assez grande pour comprendre... Est-ce que des fois tu te masturbes en pensant à moi?
_Je ne sais pas si ce SMS va te choquer mais oui! Et surtout cet été (j'ai découvert l'orgasme). Je crois que c'est les 13 ans qui vous donne envie... et toi?»
Immense soulagement. Ému, je lui ai alors répondue que oui, depuis des années.
Nous avons mieux qu'un acte sexuel échangé, nous avons le désir partagé d'un acte sexuel...
Voilà comment ce qui me pesait lourdement a pu finalement me libérer...
Cependant, le second épisode se termine moins bien. Le voici :
c'était en classe de seconde.
une classe avec un bon potentiel d'amitiés et d'entente, mais trop de «clans».
j'étais dans une sorte de compétition avec une fille pour être premier de la classe.
c'était en classe de seconde.
je me méfiais d'elle. à dire vrai, je la méprisais. je la trouvais trop expressive et faisant l'intéressante, même si la plupart du temps elle était discrète. «caractère de cochon» on lui disait.
c'était en classe de seconde.
on ne s'est jamais vraiment adressé la parole.
c'était en classe de seconde.
j'ai pris mes désirs bestiaux pour des réalités.
c'était en classe de seconde.
luttant contre mon instinct d'animal chasseur, je cédai pourtant. me procurant son numéro, je lui envoyai un texto en lui demandant explicitement si elle était «partante pour une sodomie»... je ne lui trouvais rien de spécial physiquement en fin de compte. y'avait juste son petit cul sur lequel je bloquais. putain c'est vrai! j'avais envie de la niquer, de la prendre par derrière, de la défoncer, de me venger de ses airs supérieurs, de la punir! (veuillez me pardonner pour ce passage ignoble et répugnant de l'expression de mes pulsions mâle-adives passées...)
pourtant, elle ne m'avait rien fait. vraiment rien. il me semblait voir une certaine arrogance. mais c'était juste une impression. je n'avais pas le droit de la juger comme ça. sans la connaître. elle a la joie de vivre, elle a ses propres préceptes, ses propres délires, voilà tout!
plus tard, par écrit, sur une feuille double je m'en souviens, je lui ai renouvelée mes intentions, j'y ai posé clairement et calmement mes mots, (presque respectueusement, mais bon, les limites du respect avaient été franchies bien avant), je lui ai exposée à nouveau mes motivations. toujours sans qu'on s'adresse la parole, elle m'a répondu par une petite lettre dans laquelle elle défendait tout à fait légitimement, honnêtement et respectueusement cette fois-ci ses propres raisons et opinions. elle disait que je l'avais choquée profondément, que je lui avait fait peur, que je la dégoûtais et même que ça la chagrinait. elle ajouta bien évidemment qu'elle ne me verrait dorénavant plus de la même manière. ce fut un échange courtois. on en est restés là...
c'était en classe de seconde.
elle s'appelle Adèle.
soyez-en sûrs, j'ai beaucoup souffert de cette histoire aussi, j'en souffre encore d'ailleurs puisque rien n'a été arrangé, résolu, pardonné ou accepté. ce qui est normal tout de même. elle, elle est toujours dans le lycée. nos regards ne se croisent jamais, ce qui est normal également.
les plaies s'ouvrent à nouveau...
encore désolé pour celles et ceux qui me pensaient loin de ces bassesses, mais voyez-vous, je suis moi aussi malheureusement capable des pires vilenies, ou du moins, j'en ai été capable. je tente toutefois de continuer à avancer, de ne pas trop laisser mes souvenirs me hanter. et c'est sur ces actes regrettables voire condamnables que je me suis basé pour essayer de me reconstruire. #qu'est-ce qu'oublier sinon mourir?# le remords m'a accablé, m'a tué plus d'une fois. c'est à partir de ces mauvaises actions et pensées malsaines que j'espère, néanmoins, obtenir le repentir. c'est pour cela que depuis ces évènements, je règle ma conduite pour tenter de ne plus faire de mal par quelque manière que ce soit à mon entourage, à celles et ceux qui comptent pour moi. on voit bien que parfois j'éclaire, mais c'est parce que moi-même je suis éclairé par une lumière noire, au coeur d'un décor sombre. c'est pour cela que vous me voyez m'efforcer d'être bon, généreux, altruiste, attentionné, sincère, confident, digne de confiance etc... je veux racheter mes fautes. j'ai déjà connu le crime et la peine, je ne souhaite pas de châtiment. c'est pour cela que le repentir, j'espère le trouver grâce à vous, par votre intermédiaire. accordez-le moi, je vous en prie!
...Un mythe s'écroule peut-être, mais un personnage est prêt à renaître...
...Il ne tient qu'à vous de l'y aider. Le phénix doit accomplir sa destinée...
...Il ne tient qu'à vous de l'y aider. Le phénix doit accomplir sa destinée...
Pierre-Benoît voit Sombre Héros et GloOmy fondre sur lui..................................

